Lors de
mon voyage au Gabon, j'ai rencontré... Casquette : ou plutôt, Casquette la terreur ! Cette femelle cercopithèque vivait en semi-liberté, aux côtés d'un groupe de cercopithèques à queue de soleil (Allochrocebus solatus) ; groupe qu'elle dominait largement ! Malgré sa modeste taille, il lui arrivait même de mettre de petites raclées aux gros mandrills des enclos adjacents..
Casquette avait par ailleurs un aspect… étrange. Elle était grise et touffue comme un cercopithèque hocheur (Cercopithecus nictitans), mais portait le masque bleu que l'on retrouve sur la face du cercopithèque moustac (Cercopithecus cephus). Et pour cause... Casquette était un hybride ! Elle est née de la reproduction entre deux individus appartenant à des espèces différentes, ici les espèces cercopithèque hocheur et cercopithèque moustac.
| Casquette, femelle hybride née de la reproduction entre un cercopithèque hocheur et un cercopithèque moustac |
Casquette avait par ailleurs un aspect… étrange. Elle était grise et touffue comme un cercopithèque hocheur (Cercopithecus nictitans), mais portait le masque bleu que l'on retrouve sur la face du cercopithèque moustac (Cercopithecus cephus). Et pour cause... Casquette était un hybride ! Elle est née de la reproduction entre deux individus appartenant à des espèces différentes, ici les espèces cercopithèque hocheur et cercopithèque moustac.
| Cercopithèque hocheur (Cercopithecus nictitans) |
| Cercopithèque moustac (Cercopithecus cephus) |
Casquette est l'image même d'une particularité des cercopithèques : ceux-ci sont connus pour s'hybrider fréquemment entre espèces ! - Est-ce vraiment si original ? Il est vrai que l'on connaît par exemple bien le mulet, né de l'hybridation entre un âne et une jument, ou encore le tigron, issu de l'hybridation entre un tigre et une lionne... Cependant, ne serait-il pas surprenant de croiser un mulet ou un tigron dans la nature ?? Leurs espèces mères ne se rencontrent tout simplement pas à l'état sauvage, dans leur cadre naturel de vie ; elles ne se reproduisent ensemble qu'en captivité. Alors que les cercopithèques, eux, entretiennent des hybridations naturelles, en pagaille, sans intervention humaine !
| Casquette se faisant épouiller par une autre femelle hybride |
Deux espèces sont particulièrement célèbres lorsqu'on en vient à parler d'hybridation chez les cercopithèques : le cercopithèque ascagne (Cercopithecus ascanius) et le cercopithèque bleu (Cercopithecus mitis). Dans la forêt du Parc National de Kibale, en Ouganda, on peut en effet observer des groupes de chacune de ces deux espèces ; mais, au sein des groupes de cercopithèques ascagnes, vivent également… des hybrides ascagnes-bleus ! Comment expliquer leur présence ?
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| Cercopithèque ascagne (Cercopithecus ascanius) |
En fait, les mâles bleus entretiennent entre eux une compétition intense pour la reproduction : ils sont très nombreux dans certaines forêts d'Afrique de l'est, parfois même trop nombreux par rapport au nombre de femelles bleues. C'est cette forte densité de mâles bleus qui expliquerait la naissance de nos hybrides : les mâles bleus laissés pour compte, n'ayant pas réussi à s'accoupler avec des femelles bleues, jetteraient leur dévolu sur des femelles ascagnes ! La raison de l'acceptation de ces mâles par les femelles ascagnes est moins évidente… Elles ont bien assez de mâles de leur espèce à leur disposition !
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| Cercopithèque bleu (Cercopithecus mitis) |
A quoi peut donc bien ressembler la vie de ces hybrides ascagnes-bleus ? La suite au prochain article !
Référence : Struhsaker et al. Hybridization between
redtail and blue monkeys. A primate radiation: Evolutionary biology of the
african guenons, pages 477-497

